J’ai dit non
Je ne suis pas intéressé.e.
Je sais ce que je veux.
J’ai le droit de changer d’avis.
Le consentement
Si tu ne l’as pas encore vue, nous te conseillons de regarder cette vidéo qui expliquele consentement en prenant l’exemple d’une tasse de thé.
Simple et ludique, c’est très bien pour commencer :
Les règles du consentement
Pour être valide, le consentement doit être :
Si tu n’est pas sûr‧e, demande !
Le consentement peut être exprimé par d’autres biais que la parole, mais il est facile de mal interpréter un geste, un regard ou une expression. Le mieux reste encore de communiquer verbalement. Bien que l’on soit bercé depuis notre enfance dans des scripts romantiques qui nous font croire que tout est histoire de sous-entendus, il n’y a rien de plus sexy qu’une personne qui demande clairement avant d’embrasser quelqu’un‧e. Et faire comprendre à l’autre que tout peut être dit et que tout sera écouté, cela permet de développer des relations saines et plus équilibrées.
On parle souvent de consentement sexuel, car son absence peut provoquer de graves traumatismes, mais le consentement est valable dans l’ensemble des interactions avec les autres (et avec soi-même).
Pour en savoir plus, voici d’autres articles très clairs de “Nos alliés les hommes” :
Le consentement en milieu festif
Faire attention à ce que la personne avec laquelle on discute ou l’on danse en a bien envie, et ne surtout pas lui bloquer la possibilité de partir, même inintentionnellement
Faire attention lorsque l’on pogote à ce que toutes les personnesvimpliquées aient aussi envie de le faire et ce, au même niveau d’intensité.
Ne pas forcer ou encourager une personne à consommer des produits psychoactifs (alcool ou autre drogue)
Ne pas poser sa main sur l’épaule d’une autre personne (ou tout autre partie de son corps) sans lui avoir expressément demandé l’autorisation. Les personnes tactiles ont tendance à faire ce geste machinalement, sans y réfléchir. Cela peut être très oppressant pour certaines personnes, même s’il n’y a aucune arrière-pensée.
Lorsque vous vous frayez dans une foule et que vous êtes obligé de toucher les gens pour vous protéger, éviter les collisions ou pouvoir passer, pose la main légèrement au niveau des épaules et non de la taille, et ce, sans agripper
Pour plus d’informations, nous t’invitons à aller lire la bande-dessinée de Seum
“Comment ne pas être relou à une fête“ :
Comment ne pas être RELOU à une fête
Une bande-dessinée de Seum sur le site Infokiosques‧net
Vers une culture du consentement
Apprendre à exprimer son consentement
Avant d’être donnée aux personnes qui ne respectent pas le consentement, la carte “J’ai dit non” peut d’abord se donner à soi-même, pour se rappeler que le consentement commence déjà par le sien. Beaucoup de personnes n’ont pas appris à poser leurs limites, et parfois même à les reconnaître. Et au-delà des limites (“ce que je ne veux pas“), il y a aussi la question des envies (“ce que je veux“), qui peut-être parfois complexe, notamment pour les personnes sexisées qui ont été éduquées à être réactives aux désirs des hommes.
Or, exprimer ses limites est un cadeau que l’on se fait à soi-même, en ne s’imposant pas quelque chose dont on n’a pas envie. C’est aussi un cadeau que l’on fait à l’autre car, en dehors des comportements de prédation, personne n’a envie d’interagir avec quelqu’un·e d’autre sans son consentement. Dire que l’on ne veut pas de quelque chose, c’est donc faire un double cadeau, à soi-même et à l’autre. Pourquoi s’en priver ? Le même raisonnement peut être appliqué au fait d’exprimer ses envies et ses désirs.
Et c’est parce qu’un “non” est un cadeau qu’il faut toujours remercier quelqu’un·e qui pose ses limites, d’autant plus que ce n’est pas toujours facile à faire et que cela nécessite du courage et de l’énergie.
Poser un cadre propice au consentement
Il n’est possible d’exprimer ses limites, ses envies et ses désirs que si le cadre le permet. Comme nous avons pu le voir précédemment, de nombreux biais peuvent influer sur le consentement.
Par exemple, exiger qu’une personne prenne une décision immédiatement peut l’amener à faire un choix qu’elle n’aurait pas fait autrement. De plus, de nombreuses personnes, notamment les personnes sexisées, ont connu des expériences négatives, voire traumatisantes lorsqu’elles ont posé leurs limites dans le passé. Cela peut arriver quand elles n’ont clairement pas été respectées. Mais parfois, ce peut être un changement de disposition envers elle, comme une personne qui va se désintéresser lorsqu’iel apprend qu’elle ne veut pas relationner avec iel (le fameux concept de la fuck zone) ou faire telle ou telle pratique. Ou un·e autre qui va développer de la rancœur envers elle tout simplement parce que c’est plus facile que de reconnaître qu’iel a merdé.
Lorsque l’on demande son consentement à une autre personne, il est donc important de poser un cadre rassurant, indiquant que toute réponse est acceptable et sera acceptée, et qu’une réponse négative n’entrainera pas de changement de disposition à son égard. Et la première question peut d’ailleurs être de demander si la personne a ou non des difficultés à poser son “non“, et d’adapter son comportement en conséquence.
Ce n’est qu’une fois que ce cadre est posé que l’on peut pleinement laisser à l’autre la responsabilité de son consentement, sans l’infantiliser et prendre de décision à sa place. Chacun·e est responsable de son consentement, mais chacun·e est aussi responsable de créer un cadre où le consentement de l’autre pourra être exprimé.
Un “oui” n’a de valeur que si le “non” est possible. Et savoir que l’on peut dire “non” à tout moment et qu’il sera entendu et respecté donne parfois envie de dire “oui“.
Il faut toujours remercier quelqu’un·e qui pose ses limites, car ce n’est jamais facile.
Il est plus facile de répondre par un “oui” que par un “non“. Lorsque vous sentez que votre partenaire n’est pas en phase avec une activité (sexuelle ou non), vous pouvez lui demander “Veux-tu arrêter ?” plutôt que “Veux-tu continuer ?“.
Si jamais la personne n’a pas envie de continuer, il lui sera toujours plus facile de l’exprimer avec la première formulation,
car la question implique que le fait d’arrêter l’interaction est une option tout à fait envisageable.
Le mythe de Méduse
On nous demande régulièrement pourquoi avoir choisi Méduse comme figure de la carte “J’ai dit non“. Partant d’un mythe misogyne où Méduse est décrit tour à tour comme victime impuissante ou monstre maléfique, Méduse est petit à petit devenue une icône féministe qui renverse les tropes, ces clichés narratifs sexistes. Alors que la société et les hommes n’ont de cesse de l’objectifier, Méduse affirme son rôle de sujet actif, désirant et agissant. Du “male gaze“, on passe au “female gaze“. Et face aux personnes qui l’objectifient via le regard porté sur elle, elle les transforme en retour en statue de pierre, soit littéralement… en objet !
Pour en savoir plus, vous trouverez un résumé du mythe de Méduse et de sa réinterprétation féministe sur la page de l’autrice de bande dessinée La Nuit Remue Paris :
Vous pouvez aussi aller lire ou écouter le podcast “Méduse, du monstre antique à l’icône féministe” sur le site de France Culture.
Pour approfondir le sujet
Il existe de très nombreuses autres ressources sur le net.
En voici une petite sélection :
Une bande-dessinée d’Elise Gravel pour expliquer le consentement aux enfants (et aussi aux grand‧es)